La tachycardie ventriculaire : causes, symptômes, traitement

Tachy Int Bouveret RIN

Le cœur bat grâce aux impulsions électriques. La tachycardie ventriculaire est un dysfonctionnement des signaux électriques dans les cavités basses du muscle cardiaque, les ventricules. Le cœur bat alors trop vite.
C’est une arythmie grave qui peut potentiellement mener à un arrêt cardiaque. Elle nécessite donc un traitement immédiat.

Que se passe-t-il en cas de tachycardie ventriculaire ?

En cas de tachycardie ventriculaire, le problème vient des ventricules (les cavités basses du cœur). Ces derniers produisent des signaux électriques très rapides, plus de 120 battements/min au lieu de 60 à 100 normalement. Ils sont souvent en complet décalage avec les signaux des oreillettes (cavités hautes du cœur).
Les battements sont trop rapides et désynchronisés, impossible pour le cœur d’effectuer correctement son travail, il pompe mal le sang. Les ventricules ne sont pas assez remplis. Il devient plus difficile d’alimenter les organes.

Quelles sont les conséquences de la tachycardie ventriculaire sur l’organisme ?

Les conséquences sont dangereuses puisque la tachycardie peut dégénérer en fibrillation ventriculaire et mener à un arrêt soudain du cœur. C’est donc une urgence médicale absolue.

Quelles sont les causes de la tachycardie ventriculaire ?

Les tachycardies ventriculaires peuvent toucher de manière exceptionnelle des sujets jeunes avec un cœur sain. Dans ce cas, ce sont soit des tachycardies infundibulaires soit des tachycardies dites fasciculaires. Elles sont en général assez bien tolérées, peu symptomatiques et répondent au traitement médicamenteux.
Le plus souvent, nous retrouverons cette arythmie chez des personnes qui ont une maladie structurelle du cœur ou une maladie génétique (malheureusement les cardiologues suivent beaucoup de jeunes avec des maladies cardiaques, souvent génétiques ou parfois congénitales). Elles ont déjà subi une crise cardiaque, souffrent d’insuffisance cardiaque ou d’une cardiopathie.
Les signaux électriques en cause partent souvent d’une cicatrice, d’une blessure du muscle ou tout autre pathologie qui endommage le tissu cardiaque. Voici quelques exemples :

  • les maladies cardiaques structurelles
  • les maladies électriques du cœur d’origine génétique, comme le syndrome de Brugada et le syndrome du QT long, les tachycardies ventriculaires catécholergiques
  • un infarctus du myocarde récent, mais plus fréquemment ancien
  • une maladie inflammatoire du muscle cardiaque comme une myocardite
  • une insuffisance cardiaque
  • l’abus de certaines drogues comme la cocaïne
  • certains médicaments

Quels sont les symptômes et comment diagnostiquer la tachycardie ventriculaire ?

Certaines personnes ne ressentent aucun symptôme lorsqu’ils font de la tachycardie ventriculaire, mais ce n’est pas le plus fréquent.
Ainsi, les symptômes de cette arythmie comprennent :

  • des palpitations
  • une sensation de faiblesse ou d’étourdissements
  • une gêne thoracique
  • des difficultés à respirer, un essoufflement
  • des vertiges
  • des pertes de connaissances

En cas de symptômes et donc de doute, votre cardiologue commencera par soigneusement étudier vos antécédents médicaux, puis vous prescrira une série de tests et d’examens choisis en fonction du besoin :

  • une prise de sang
  • un électrocardiogramme (ECG) qui enregistre l’activité électrique au moment où les signaux traversent votre cœur. Cela va permettre de déterminer le type de tachycardie.
  • un ECG d’efforts qui permet de déterminer si l’effort déclenche la tachycardie ventriculaire
  • un moniteur ECG (holter ECG) qui est un dispositif de surveillance portable. Il permet d’enregistrer les rythmes anormaux sur une durée de 24 ou 48 h.
  • un enregistreur d’événements : utilisé durant plusieurs semaines, c’est le patient qui déclenche le moniteur au moment où il ressent les symptômes. Cela permet au médecin d’analyser le rythme cardiaque au moment de ces derniers.
  • différents examens d’imagerie du cœur afin de déterminer des anomalies structurelles et leur influence sur le flux sanguin : une coronarographie, un IRM cardiaque et/ou une échocardiographie trans-thoracique (ETT). Ces examens sont choisis en fonction des cas.
  • un test électrophysiologique

Comment prévenir une tachycardie ventriculaire et la traiter ?

Le traitement de la tachycardie ventriculaire dépend de l’état et de la tolérance du patient, s’il est conscient ou non. L’objectif numéro 1 est de restaurer un rythme cardiaque normal, puis dans un second plan, d’éviter les futures crises.

  • Dans un premier temps et dans l’urgence, si le patient n’est pas conscient, le personnel médical effectue une défibrillation, un choc électrique cardiaque qui va remettre les compteurs à zéro et rétablir le rythme. Puis, dès que l’état du patient se stabilise, un médicament est injecté par intraveineuse afin de maintenir la stabilité et restaurer une contraction normale du cœur. Si le patient est conscient, on lui injecte d’abord le médicament. Si cela ne suffit pas à stabiliser le cœur, alors une courte anesthésie générale est pratiquée afin de délivrer un choc électrique.
  • Ensuite, afin d’éviter de nouvelles crises, un suivi médical sera mis en place et une prise de médicaments régulière obligatoire (antiarythmique).
  • La solution du défibrillateur automatique implantable est souvent proposée. Il permet de traiter les tachycardies en cas de récidive. Implanté comme un stimulateur cardiaque, il surveille le rythme en permanence. En cas de tachycardie ventriculaire, il essaie d’abord de l’arrêter avec des impulsions électriques appelées ATP (anti tachycardic pacing). Si cela est inefficace, il envoie un choc électrique pour faire un reset.
  • En cas de récidive malgré la présence du défibrillateur, le médecin proposera une ablation par cathéter : des cathéters sont introduits dans l’aine afin de repérer les canaux électriques défaillants du cœur et les détruire.
pastille docteur Géraldine Vedrenne blanc

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