Souvent appelée maladie de Bouveret, la tachycardie jonctionnelle est un emballement du rythme cardiaque sur un cœur sain, ce qui est souvent invalidant. L’accélération brutale du rythme cardiaque est provoquée par un court-circuit électrique situé à la jonction des oreillettes et des ventricules. Cette arythmie reste néanmoins bénigne.
Quelles sont les origines d’une tachycardie jonctionnelle ?
Dans le fonctionnement normal du rythme cardiaque, il n’y a qu’un seul passage électrique à la jonction entre les oreillettes et les ventricules.
Ce court-circuit se situe au niveau de la croix, entre les oreillettes et les ventricules, du cœur dans le nœud auriculo-ventriculaire chez les personnes qui sont concernées. On parle alors du mécanisme de “réentrée intranodale”. Il est le responsable de l’emballement du cœur qui souvent inquiète sans pour autant être grave.
L’architecture électrique du cœur présente donc une anomalie et déclenche un court-circuit souvent autour de l’adolescence et au début de la vie adulte (le dédoublement du nœud auriculo-ventriculaire – réentrée intranodale – se produit vers l’âge de 7 à 10 ans). Par ailleurs, on peut constater également un prédominance chez la femme avec une accentuation des symtômes lors des grossesses pour les femmes concernées.
Lorsque l’anomalie électrique est présente depuis la naissance, on parle alors du mécanisme de “réentrée sur voie accessoire ». Il s’agit d’une voie électrique supplémentaire qui ne devrait pas être présente à cet endroit. Cela concerne entre 15 et 20% de la population.
Il y a donc deux mécanismes: la réentrée intranodale et la voie accessoire, aussi appelée syndrome de Wolf Parkinson et White.
Comment diagnostiquer une tachycardie jonctionnelle ?
La tachycardie jonctionnelle provoque des palpitations fortes du cœur. Cependant celles-ci sont imprévisibles. Elles n’ont pas de durée précise, pouvant être de quelques secondes à quelques heures sans régularité.
Il est donc rare de pouvoir le faire constater lors d’une consultation chez un médecin.
Idéalement, il faudrait pouvoir faire un électrocardiogramme au moment de la crise.
Il reste néanmoins plusieurs possibilités comme la pose d’un holter plusieurs heures ou plusieurs jours pour enregistrer le rythme de votre cœur en cas de crise.
Aujourd’hui, les montres connectées permettent de déclencher un ECG (électrocardiogramme) et d’enregistrer les données dans des applications sur votre smartphone.
Ces technologies ont révolutionné le diagnostic de façon rapide et fiable surtout en cas de courtes crises espacées.
Que faire, quel traitement en cas de tachycardie jonctionnelle ?
On peut répartir les actions potentielles pour éliminer les crises de tachycardie jonctionnelle sur trois niveaux.
Dans un premier temps, les méthodes naturelles peuvent aider à stopper une crise. Il y une méthode dite vagale appelée manœuvre de Valsalva.
Elle consiste à faire un effort de poussée en bloquant la respiration (comme pour se déboucher les oreilles à la montagne). Elle se complète avec un changement brusque de position en s’allongeant et en surélevant les jambes.
Vous pouvez aussi boire un grand verre d’eau glacée ou masser votre carotide (l’artère située sur le côté de votre cou).
Si ces méthodes naturelles ne fonctionnent pas ou n’empêchent pas une récidive trop régulière, la solution médicamenteuse peut être envisagée avec votre médecin.
On retrouve des bêtabloquants, des inhibiteurs calciques bradycardisants ou encore des injections d’adénosine en perfusion.
Les médicaments permettent d’éviter l’ablation (intervention de cardiologie interventionnelle). Ils peuvent être pris au moment des crises, dites “pills in the pocket”, si celles-ci sont peu fréquentes. Ou alors, de façon continu, si elles sont fréquentes.
Enfin, il reste l’ablation. Cette opération consiste à brûler par le chaud ou le froid , c’est-à-dire, à “brûler” le court-circuit qui est inutile et qui provoque les crises de tachycardie. Cette intervention permet une guérison totale avec un taux de réussite de 95% et des complications inférieures à 1%. Même s’il s’agit d’une opération et que le risque zéro n’existe pas, les risques sont faibles.