Comprendre le flutter (causes, symptômes, traitement …)

Votre cœur se compose de 4 cavités (oreillettes droite et gauche et ventricules droit et gauche). Dans l’oreillette droite, une cavité située en haut à droite de votre palpitant, se trouve ce qu’on appelle le nœud sinusal. C’est le Pacemaker naturel du cœur, comme un chef d’orchestre, c’est lui qui donne le rythme. Il produit une belle symphonie quand l’oreillette droite et la gauche se contractent en même temps et éjectent simultanément le sang dans les ventricules. Ces derniers se contractent alors en même temps et éjectent simultanément le sang dans les poumons (c’est la petite circulation) et dans les organes via l’aorte (c’est la grande circulation). Le rythme du cœur sain est alors régulier et synchronisé. Comptez entre 60 et 100 battements par minute.
Mais que se passe-t-il lorsque votre médecin vous annonce que vous souffrez d’un Flutter ?

Flutter commun

Que se passe-t-il en cas de Flutter ?

Comme la fibrillation atriale, le flutter est un dysfonctionnement de l’activité électrique de l’oreillette droite, déclenché, lui aussi, par une ou plusieurs extrasystoles atriales. L’impulsion électrique ne part plus du nœud sinusal, comme cela devrait se faire, mais d’une autre partie de l’oreillette. Elle ne suit plus son trajet habituel et forme une boucle sans fin qui ne peut sortir de la cavité. Cela a pour conséquence une augmentation du rythme cardiaque appelée tachycardie. À la différence de la fibrillation auriculaire, le rythme est trop élevé (250 à 300 battements/minute), mais reste en général régulier.
Il est important de comprendre que la fibrillation atriale et le flutter sont deux pathologies très liées qui vont souvent l’une avec l’autre.

Quelles sont les conséquences d’un flutter sur l’organisme ?

La conséquence majeure d’un flutter sur le cœur, c’est la diminution de son efficacité. Cela peut mener à deux complications importantes :

  • il augmente le risque d’AVC
  • il peut induire une insuffisance cardiaque, c’est-à-dire ne plus pomper le sang avec suffisamment de puissance

Contrairement à sa cousine la fibrillation auriculaire, pris à temps, le flutter ne concerne que l’oreillette droite. Le traitement est donc plus simple, mais doit être rapidement appliqué, au risque de voir les complications arriver : insuffisance cardiaque, dyspnée, malaises, syncope, fréquence cardiaque trop élevée, dilatation des cavités cardiaques, fibrillation atriale …
Les symptômes du flutter sont bien moins tolérés que ceux de la fibrillation atriale, car le cœur bat vraiment plus rapidement.

Quelles sont les causes du flutter ?

Bien que chez de nombreux patients nous ne trouvons aucune pathologie responsable de cette arythmie, certains facteurs peuvent être déclencheurs sans que cela ne soit un automatisme.
Ainsi, le risque de flutter peut est plus élevé en cas de :

  • l’hypertension
  • des maladies des valvules cardiaques
  • péricardite aiguë
  • exacerbation de BPCO
  • pneumonie
  • consommation d’alcool
  • déséquilibre thyroïdien
  • la chirurgie cardiaque/pulmonaire
  • infarctus du myocarde

Et parfois, la FA traitée par médicament donne du flutter.

Quels sont les symptômes du flutter et comment le diagnostiquer ?

Les symptômes d’un Flutter sont variés et peuvent passer inaperçus, car ils ressemblent à certains mots bénins que l’on ressent surtout en cas de stress. Une discussion avec votre médecin et la présence, voire l’accumulation, de certains symptômes lui mettront la puce à l’oreille. Parmi les plus fréquents, retrouvez :

  • des palpitations et des battements irréguliers du cœur sont les premiers signes
  • de la peine à respirer, un essoufflement
  • une sensation de faiblesse lors de l’effort et parfois même au repos, une fatigue importante
  • des vertiges avec parfois la sensation de perdre connaissance
  • des douleurs au thorax qui peuvent être similaires à celles d’une angine de poitrine
  • une fatigue inhabituelle

Votre médecin vous prescrira alors des examens complémentaires afin de confirmer le diagnostic :

  • prise de sang : bilan thyroïdien, potassium, calcium, hémoglobine (car l’hyperthyroïdie, l’Hypokaliémie, l’Hypercalcémie et l’anémie peuvent être des facteurs déclenchants)
  • un électrocardiogramme (EGG) pour mesurer l’activité électrique du cœur, mais également pour dater le début de l’arythmie
  • un holter qui mesure en continu du 24 ou 48 h l’activité cardiaque du cœur
  • Reveal : un minuscule appareil implanté sous la peau pendant plusieurs mois. Il enregistre l’activité du cœur de la même manière qu’un électrocardiogramme, mais sur une longue période. Le reveal est utile quand on soupçonne un flutter ou de la fibrillation atriale que l’on n’a pas vu sur l’ECG, qu’il y a eu un AVC sans cause retrouvée ou des tachycardies non documentées par un ECG ou un Holter.

À cela, peuvent s’ajouter une radiographie du thorax, un scanner des artères coronaires, des examens sanguins et d’autres. Leur but est de trouver l’origine du Flutter et la traiter.

Le traitement du Flutter

Le traitement le plus rapide et le plus efficace est l’ablation du flutter. Comme la zone est petite, dans la majeure partie des cas, l’intervention dure 30 min en moyenne. Elle se déroule sous anesthésie locale et sédation. Cette anesthésie peut mettre un peu dans les vapes mais elle traite la douleur sans anesthésie générale, et a donc l’avantage d’être sans intubation. C’est une intervention qui peut être douloureuse, notamment dans l’épaule droite !
Par contre, il est nécessaire au préalable, de prendre un traitement anticoagulant. Si ce dernier est administré depuis moins de 3 semaines, un scanner ou une échographie trans-oesophagienne afin de vérifier qu’il n’y a pas de caillot sanguin à éliminer.

Le traitement est efficace à plus de 95 % et les complications sont extrêmement rares.

Des conseils pour prévenir le flutter

Le meilleur moyen de prévenir un flutter est une bonne hygiène de vie afin d’éviter les facteurs de risque.

pastille docteur Géraldine Vedrenne blanc

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